Climatiseurs: comment éviter leur impact sur l'environnement?

1209598_thermometerLes ventes de climatiseurs sont en hausse, mais ces derniers sont loin d’être compatibles avec une bonne gestion environnementale. En effet, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) rappelle que l’usage de la climatisation entraîne des rejets de fluides frigorigènes contribuant à l’effet de serre. Par ailleurs, ces appareils sont encore rarement recyclés, même s’ils sont de plus en plus recyclables. Enfin, ils sont de gros consommateurs d'énergie : la facture d'électricité est augmentée de 20 à 25% pour une petite surface de 45m². De même, des experts estiment qu’une vingtaine de réacteurs nucléaires (30GW) seraient nécessaires si la moitié des habitations s'équipait d'une petite climatisation de 3kW! Petit tour des techniques vous permettant de rester au frais, tout en limitant votre impact.

Dès la conception de l'habitat

Il existe des méthodes assez simple pour rafraichir sa maison ou son appartement naturellement sans faire appel à d'importantes utilisations d'électricité et en diminuant même ses besoins de chauffage.

puitscanadienTout d’abord : le puits canadien ou provençal. Il s'agit d'exploiter l'inertie thermique de votre sous sol qui se réchauffe ou se refroidit plus lentement que l'air qui nous entoure. Il est de ce fait plus chaud en hiver que l'air ambiant et plus froid en été et le différentiel de température est d'autant plus important que la profondeur à laquelle vous descendez. 


En été avec une installation de ce type, c'est de l'air à 20 °C qui entrera chez vous plutôt que les 20 ou 30°C de l'air extérieur. En hiver c'est de l'air toujours supérieur à 0 °C qui entrera dans votre appartement ou maison plutôt qu'à la température extérieure.

Ce système, très facile à installer lors d’une construction de maison neuve, est bien moins adapté pour le bâti existant.

Technique plus moderne qui utilise également l’énergie gratuite trouvée dans la terre : la géothermie. Grâce à une pompe à chaleur (PAC) et des collecteurs enterrés ou des sondes, il est possible de récupérer l’énergie naturellement présente dans l'eau, l'air ou la terre pour l'utiliser ensuite comme source d'énergie pour chauffer ou rafraîchir un logement.

Bien évidemment, tout effort est pratiquement vain, si on n’opte pas d’abord pour une bonne isolation. Cette dernière doit paradoxalement être accompagnée de…courants d’air ! En effet, sinon l’air contenu dans un bâtiment se renouvelle de moins en moins. Veillez toutefois à ne jamais ouvrir les fenêtres par de fortes chaleurs. Au contraire ! Fermez fenêtres et volets en journée et ouvrez-les le soir afin de laisser la fraicheur s’installer.

Quand le climatiseur est vraiment nécessaire…

Le climatiseur solaire.

Ce dernier utilise de l’eau salée et possède une consommation d’électricité 20 fois moindre. Malheureusement il est encore particulièrement onéreux et son développement n’est pas encore achevé.

climLe refroidissement par évaporation : un système D bientôt automatisé ?

Lorsqu’on veut se rafraichir, une technique consiste à ventiler de l’air humidifié. Un linge humide, un ventilateur et le tour est joué. C’est de ce principe qu'ont démarré les recherches du Laboratoire national des énergies renouvelables (NREL) aux Etats-Unis. En effet, ces chercheurs ont ainsi inventé un nouveau type de climatiseur. Cet appareil révolutionnaire dessèche l’air froid lorsqu’il l’expulse tout en empêchant l’air de se réchauffer grâce à l’utilisation du chlorure de calcium, une solution salée, véritable alternative aux chlorofluorocarbones (les fameux CFCs, dont l’impact environnemental désastreux n’est plus à démontrer). Cette solution permet d’éviter le problème de l’air humide générant un effet de refroidissement quasi inexistant si le niveau d’humidité est élevé.

De plus, cette innovation majeure permet de diminuer de 90% la consommation électrique en environnement humide et de 40 % lorsque l’air est de qualité normale. Et ceci en s’adaptant directement sur les systèmes actuels, donc sans surcoûts de mise à niveau.

La commercialisation de ce système ne sera pas effective d’ici cinq ou six ans. Reste à savoir si la fabrication de cet appareil ne produira pas plus de dégâts que ce dernier permet d’éviter !


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