L’arrivée du dernier né de la marque à pomme en France est marquée par l’ouverture d’un débat concernant son impact environnemental. Décryptage.
Comme le souligne le rapport environnemental de l’iPad, le constructeur a fait de nombreux efforts concernant l’empreinte de l’appareil : de nombreuses substances dangereuses sont absentes (Arsenic, Mercure, PVC, retardateurs de flammes bromés…), le verre et l’aluminium utilisés sont recyclables, de plus, l’adaptateur secteur surpasse les exigences en matière de standard énergétique comme celles du label Energy Star et 33% de son emballage a été réalisé avec des matériaux recyclés.
Ainsi, le total des émissions CO2 liées au cycle de vie d’un iPad s’élèverait selon Apple à 130 kg (soit environ les émissions causées par un passager d’avion parcourant une distance de 1000 km) alors que l’empreinte carbone d’un journal papier serait, selon une étude finlandaise, responsable d’émissions s’élevant à 150-190 g en équivalent CO2. Mais attention ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, car comparer la presse papier à l’iPad peut vite s’avérer faiblement pertinent. En effet, alors que sous un certain angle l’iPad paraît « vert », il est loin d’être durable !
D’une part, il n’offre rien qui ne remplace les outils électroniques déjà présent. Remplacer son ordinateur de bureau / portable par la tablette revient effectivement à économiser de l’énergie, mais qui aujourd’hui utilise uniquement une tablette ? Pas un chat. Certes certaines personnes ont acheté un iPad car elles ne possédaient pas encore d’e-reader, mais globalement l’iPad représente aujourd’hui qu’un jouet supplémentaire dans l’étalage infini de la consommation électronique de masse.
D’autre part, si on réalise une observation attentive du processus de fabrication de l’appareil, comme l’a fait l’ONG Les Amis de la Terre, il est possible de remarquer que plus de 95% de la production mondiale des éléments métalliques indispensables à la fabrication de tout appareil informatique provient de mines chinoises, dont les conditions environnementales et sociales sont particulièrement désastreuses. Ces éléments ne sont pas présents à l’état pur dans la nature ni même sur des gisements concentrés : leur extraction demande une opération de séparation de la matière par rapport à d’autres minerais qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement (rejets de métaux lourds dans les rivières, vapeurs de souffre, de fluors, déchets radioactifs de roches…)[1]
Par ailleurs, qui dit durable pense également à une durée d’utilisation accrue dans le temps pour le consommateur… or dans le cas de l’iPad, sa durée de vie semble être équivalente à la durée de vie de sa batterie (étant donné que cette dernière est soudée à l’appareil), soit environ deux ans, soit une durée trop courte par rapport à l’impact du cycle de vie de l’outil…
[1] Selon Aloys Ligault, chargé de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale aux Amis de la Terre
La tête dans les nuages…
L’informatique dans le nuage ou informatique dématérialisée (appelé « Cloud Computing » en anglais) est un phénomène faisant référence à l'utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde entier et liés par un réseau, tel que le réseau Internet. Ainsi, les applications et les données ne se trouvent plus sur l'ordinateur local, mais – métaphoriquement parlant – dans un nuage (« cloud ») composé d'un certain nombre de serveurs distants interconnectés.
Vous vous demandez certainement où est le rapport avec l’iPad, et bien c’est un outil majeur de cette dématérialisation de l’informatique, car il permet à ses utilisateurs d’accéder au nuage de services online, contribuant ainsi à une empreinte du secteur des TIC plus importante que les estimations le prévoyaient !
L’ONG Greenpeace lance un appel dans son dernier rapport afin de favoriser la mise en place d’applications calculant l’empreinte carbone générée par l’utilisation de sites internet différents, et ceci en se basant sur le lieu où sont hébergés les sites et leur poids énergétique.
Effectivement, les nouvelles technologies possèdent le pouvoir d’inverser la donne en matière d’émissions et d’efficacité énergétique: elles peuvent créer des solutions augmentant l’utilisation d’énergies renouvelables !
Il ne reste plus qu'à espérer que les successeurs de l’iPad en tiendront compte…
Crédits photo: Rapport Greenpeace Make it Green

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