Sur les balcons, dans les friches industrielles et les terrains vagues, sur les toits des bâtiments... L’agriculture urbaine et les micro-jardins se développent partout dans le monde. Ces actions locales sont prises très au sérieux et activement encouragées au niveau national, à Singapour par exemple et par Barack Obama qui a récemment organisé une table ronde à ce sujet.
Au 19e siècle, les community gardens ou jardins ouvriers apparaissent progressivement aux Etats-Unis. Il s’agit alors de trouver de nouvelles sources de nourriture pour des personnes très démunies. Les parcelles sont individuelles et le produit des récoltes est soigneusement conservé. Mais après la 2de Guerre Mondiale, ils se transforment en jardins familiaux. Ils deviennent des lieux de loisirs et d’échanges et deviennent même souvent des jardins d’agréments (des plantes non-comestibles mais esthétiques).
Désormais, il s’agit essentiellement de jardins partagés, avec de véritables espaces dégagés où les différentes générations et communautés se retrouvent et se transmettent leurs connaissances particulières. Ces petites parcelles sont devenues des espaces sociaux à part entière où l’on partage aussi le fruit de ses récoltes. Certains jardins se sont même trouvés des vocations, par exemple des parcelles allouées à des écoles. Certains hôpitaux utilisent des jardins thérapeutiques pour aider à la récupération des capacités motrices et mentales des patients. D’autres sont des jardins de réinsertion pour des jeunes ou des adultes en marge de la société. L’association Urban Farming à Detroit, aux Etats-Unis, s’est même déclaré comme but principal de nourrir les personnes dans le besoin, en les invitant simplement à venir récolter les produits sans leur demander quoi que ce soit.
Des techniques particulières de culture
Ce qui interpelle forcément, pour les plantations en ville, c’est la qualité des produits. La pollution de l’environnement n’est plus à démontrer, alors comment expliquer que les produits soient comestibles ? Il y a plusieurs raisons à cela, même si le risque zéro n’existe pas. D’abord, les sols urbains sont souvent contaminés au plomb que les plantes n’absorbent pas. Par contre, attention à bien nettoyer les aliments de tous les résidus de terre avant de les manger. Sinon, certains ont isolé leurs jardins par des panneaux qui ne laissent pas passer les particules fines de pollution.
D’autres apportent carrément des mètres cube de nouvelle terre saine, mais dans ce cas il faut bien vérifier la qualité du sol tous les ans. L’immense majorité des cultures urbaines n’utilisent pas de produits chimiques mais travaillent les sols avec des produits naturels ou surprenants, comme le carton.

Un grand potentiel
L’agriculture urbaine, qui peut sembler être un phénomène marginal, est en fait entrain de prendre une grande ampleur. Certains commencent même à vendre leur production sur les marchés et à se procurer un complément de revenu non-négligeable. A Detroit par exemple, les terrains en friche représentent près d’ ⅓ de la superficie de la ville, ce qui représente un potentiel énorme. Malgré tout, il existe quelques freins à cette pratique, surtout pour la disponibilité des terrains. Les villes ne concèdent souvent que des baux courts, même s’ils sont renouvelables.Ce mode agriculture a pourtant déjà fait ses preuves : à Cuba. Après l’effondrement de l’Union Soviétique, le pays n’était plus alimenté en engrais et ce sont les citadins qui ont développé des cultures dans les villes. Cela représente même 90% de l’approvisionnement en produits frais à La Havane !
Enfin, des projets encore plus importants sont d’ores et déjà à l’étude. Il s’agit d’agriculture verticale. De grandes tours avec un parterre en colimaçon qui s’élève sur plusieurs dizaines d’étages. Des panneaux solaires au sommet de la tour permettent d’alimenter une pompe à eau et tout le matériel nécessaire à l’éclairage et à la ventilation. Ces structures, entièrement démontables et donc mobiles, peuvent être implantées en plein centre ville et abriter toutes sortes de cultures.

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