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L’importance du parc nucléaire français remet-elle en cause le “tout électrique” ?

chemines_dans_le_brouillardEn France, plus de 75% de l'électricité est produite par une centrale nucléaire. On en compte 58 en activité sur le territoire. Par comparaison, l'Allemagne et l'Angleterre, les deux autres pays les plus équipés d'Europe, en comptent respectivement 17 et 19. Pourtant, l'électricité est une alternative prometteuse au pétrole, considéré comme une énergie très polluante, dangereuse, chère et en voie de disparition. Les chercheurs ne s'y sont pas trompés et le "tout électrique", comme dans l'automobile, se développe rapidement. Qu'est-ce que l'accident nucléaire de Fukushima au Japon va apporter au débat en France ?

 

Le nucléaire, comment ça marche ?

 

En France, toutes les centrales nucléaires sont des Réacteurs à Eau Pressurisée ou REP. Des petites pastilles (environ 1cm3) d'Uranium enrichi en isotope 235 sont glissées dans des "crayons" au coeur du réacteur nucléaire. Ces crayons sont des tubes de 4 mètres très fins en métaux rares, et sont près de 40 000 par réacteur. La fission d'un noyau d'atome d'Uranium se fait en chaîne par collision avec l'un des 2 ou 2 neutrons émis lors de la fission d'un atome précédant. Cette réaction en chaîne peut être contrôlée par l'insertion de Bore entre les crayons. Sous forme de tubes solides ou parfois dissous dans l'eau, le Bore a la propriété d'absorber les neutrons et donc de ralentir voire d'arrêter complètement la réaction en chaîne.

Le fluide caloporteur (eau sous pression, donc ne pouvant pas bouillir) circule dans le coeur du réacteur et se réchauffe. Grâce à une pompe, le fluide est envoyé vers les générateurs de vapeur puis revient vers le coeur du réacteur pour être à nouveau chauffé. Tout cela se passe en circuit fermé dit "primaire".

fonctionnement_centrale_nucleaire

Dans les générateurs de vapeurs, le fluide caloporteur réchauffe l'eau du circuit "secondaire". La vapeur est utilisée pour faire tourner des turbines puis refroidie, condensée et réenvoyée vers les générateurs de vapeur. Les turbines entraînent un alternateur qui transforme, grâce à un champ magnétique, l'énergie mécanique de rotation en énergie électrique transmise au réseau.

Il existe enfin un troisième circuit d'eau, totalement indépendant des deux premiers. C'est le circuit de refroidissement, alimenté par de l'eau de rivière ou de mer, milieux naturels vers lesquels retourne cette eau, non polluée. Elle ne sert qu'à refroidir l'eau du circuit secondaire en s'évaporant : les immenses cheminées des centrales ne rejettent en fait qu'un panache de vapeur d'eau.

 

Evaluation des risques ?

 

manifestantForce est de constater que l'impact du nucléaire n'est que rarement pris en compte dans les indicateurs de développement durable. On peut dès lors se demander pourquoi ? Les données sont difficilement accessibles, même pour certains indicateurs qui donnent cette "excuse" pour justifier le fait qu'ils n'étudient pas ou peu les risques de cette industrie. On peut aussi se poser la question des enjeux politiques et économiques de cette question.

L'évaluation des risques peut aussi être carrément faussée par un biais méthodologique. En effet, les centrales nucléaires ne produisent pratiquement pas de gaz à effet de serre (GES), elles peuvent donc parfois être considérées comme sources propres d'énergie...

Il suffirait dès lors d'être plus rigoureux, par exemple en intégrant tous le circuit de production, d'acheminement et de traitement des combustibles et des déchets nucléaires, qui sont des opérations très productrices de GES. Ou alors de réviser les indicateurs en adoptant une approche multicritères.

Rappelons également que l'énergie nucléaire est parmi les moins coûteuses à produire et permet à la France d'afficher des tarifs extrêmement compétitifs.

 

Remise en cause des nouvelles technologies électriques ?

 

Que doit-on penser alors de toutes les nouvelles technologies en France qui reposent sur l'électricité ? Les voitures électriques par exemple : à choisir entre Fukushima & la plateforme BP, quelle catastrophe prendriez-vous ? Tant que l'électricité française présente de tels risques, il est absolument nécessaire de bien réfléchir au bénéfice réel pour l'environnement du "tout électrique".

grosse_plateforme                             voiture_electrique

De manière générale, mieux vaut essayer d'économiser l'électricité de toute façon, quelle que soit la façon dont elle est produite. Il y a quelques semaines, je remarquais dans un article que jamais autant d'électricité n'a été consommée en France qu'en 2010... Espérons et agissons pour que 2011 ne suive pas le même chemin.


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